L’infinito (tradotto)

Giacomo Leopardi



L’INFINI

Toujours chère me fut cette colline
Solitaire; et chère cette haie
Qui refuse au regard tant de l’ultime
Horizon de ce monde. Mais je m’assieds,
Je laisse aller mes yeux, je façonne, en esprit,
Des espaces sans fin au-delà d’elle,
Des silences aussi, comme l’humain en nous
N’en connaît pas, et c’est une quiétude
On ne peut plus profonde: un de ces instants
Où peu s’en faut que le coeur ne s’effraie.

Et comme alors j’entends
Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
Ce silence infini à cette voix,
Et me revient l’éternel en mémoire
Et le saisons défuntes, et celle-ci
Qui est vivante, en sa rumeur. Immensité
En laquelle s’abîme ma pensée,
Naufrage, mais qui est doux dans cette mer.

Yves Bonnefoy

THE INFINITE

I was always fond of this secluded hill
and this hedge which hides from my view
so large a portion of the farthest horizon.
But sitting and musing here, I picture to myself
interminable spaces beyond the hedge,
silences beyond the human grasp,
and stliness so profound
that my heart is almost frightened.
But the moment I hear the wind
rustle through these leaves,
I compare that sound with infinite silence,
and I call to mind the eternal,
the dead seasons and the present
alive with all its turmoil.
In such immensity my thought is drowned,
and it’s pleasant to be shipwrecked in this sea.

G. Singh

EL INFINITO

Sempre grata me fue esta yerma loma,
y este seto, que tanta parte oculta
del último horizonte a la mirada.
Sentado aquí, contemplo interminables
espacios má allá, y sobrehumanos
silencios, y una calma profundísima
mi pensamiento invade; tanta al fin,
que el corazón se asusta. Y como el viento
susurra entre el ramaje, aquel silencio
infinito con esta voz comparo.
Y vuelve a mí lo eterno, y las muertas
estaciones del ãno, y la presente,
aún viva, y su sonido. Así entre esta
immensidad se anega el pensar mío.
Y naufragar me es dulce en este mar.

Alejandro Duque Amusco








pubblicato da s.nelli nella rubrica poesia il 13 aprile 2006